La Sérénissime
Ce forum, de par ses contenus, est réservé à un public majeur, mâture, et averti.Il s'adresse à un public +18 uniquement. N'y entrez que si vous êtes majeur.

Une Perle, une Rime, pour élucider un crime III - Palais de Nikouria - PV Yla

Aller en bas

Une Perle, une Rime, pour élucider un crime III - Palais de Nikouria - PV Yla

Message  Umberto Benedetti le Lun 12 Fév - 10:00



Passion et humour font bon ménage au sein de notre couple, et les louanges gentiment impertinentes que m'adresse ma sultane et qui ponctuent nos charmants ébats en surplomb de la grande bleue, me ravissent et m'amusent énormément. Je rétorque, la bouche en coeur, l'oeil un tantinet égrillard, la paluche exploratrice :
– Le Recteur de cette île a pour réputation d'être un fieffé coquin, mais il n'en est rien, ma chérie, il est tout à toi et déjà tout disposé à se remettre au garde-à-vous devant ton délicieux mimi tout rose ...

Je continue à sourire lorsque sa cuisse se faufile entre les miennes et s'y attarde, friponne, envahissante.
– Mmmmm, voilà une intrusion comme je les aime, mon scarabée joli. Nous allons malheureusement devoir rentrer au Palais avant que la nuit ne nous surprenne sur cette terrasse, mais je te promets une visite guidée de nos appartements que tu n'oublieras pas de sitôt, si tu vois ce que je veux dire, mon coeur ...

Je le savais, ma princesse voit parfaitement où je veux en venir, et mes affirmations à peine voilées ressuscitent soudain le souvenir de l'une de nos étreintes les plus particulières et les plus savoureuses. Ma Rose des Sables m'avait en effet transporté au firmament de l'extase et de la jouissance par mille affleurements sensuels et polissons, après m'avoir attaché les poignets à l'armature du lit, dans sa chambrette. Fichtre, ces instants enchanteurs sont à tout jamais gravés dans ma mémoire, bien entendu, mais je mime un profond étonnement lorsqu'elle me révèle que ces fameux cordons de Cordoue se trouvent peut-être parmi ses bagages.
– Ah bon ? Tu crois ? Je pensais que nous les avions définitivement oubliés au fond d'un tiroir ! Nous regarderons dans tes valises, mon ange, mais j'ai bien peur qu'ils soient restés à Venise. C'est dommage, car je t'aurais volontiers rendu la pareille, ma belle coquine !

Crénom ! Je ne vais quand-même pas lui avouer qu'ils sont cachés au fond de mon baluchon et que je comptais les utiliser dès que l'occasion s'en présenterait afin de la menotter sans l'avertir, en catimini, et de lui faire perdre la tête à son tour. Où serait la surprise, si je n'arrivais pas à tenir ma langue, n'est-ce pas ?



Une ribambelle de baisers plus tard, ma merveilleuse amante se tourne vers le large et réclame mon aide afin de relacer le dos de sa robe. Je m'exécute avec plaisir, profitant de la situation pour lui bécoter tendrement la nuque et l'une de ses épaules graciles, que j'ai débarrassée de la masse sombre de ses longs cheveux couleur d'ébène. Je la garde un moment prisonnière, blottie tout contre moi, et nous contemplons les bateaux qui dodelinent avec grâce au cœur de la baie, au rythme régulier des vagues qui y déroulent leurs interminables liserés de blanches dentelles. C'est un panorama superbe, nous avons beaucoup de chance d'avoir été choisis par le Doge de Venise pour cette fonction honorifique, mais cette opportunité inouïe ne doit pas nous faire oublier notre but ultime : découvrir les assassins des parents d'Ylaria et assouvir notre vengeance avec l'aide précieuse des hommes de confiance de mon paternel.

Ma princesse partage cet état d'esprit. Je le devine aux mots qu'elle ne dit pas. Certes, Nikouria l'a séduite, et elle continuera à apporter sa contribution à la reconstruction de la ville, mais elle envisage de déléguer une partie de cette lourde tâche à Xanthos, qui sera sur place et dispose de toutes les compétences nécessaires. J'en déduis donc qu'elle est aussi impatiente que moi de démêler l'écheveau de cet abominable imbroglio et de dénicher ce dénommé Ralph qui serait l'instigateur de ce drame horrible. Alors que le magnifique frontispice du Palais nous apparaît déjà entre les toitures grises des modestes habitations de l'île, Yla et moi tombons donc d'accord sans la moindre restriction. Dès que Xanthos aura récupéré tous les matériaux entassés dans les cales de l'Opalescente, nous remonterons à bord et nous appareillerons pour Venise. C'est là que nous éluciderons cette ténébreuse affaire. L'aménagement de notre succursale attendra un peu, ce n'est qu'un détail sans importance.

C'est toujours le même petit bonhomme qui monte la garde devant la résidence rectorale, affalé sur une hallebarde deux fois plus grande que lui, mais il se redresse vivement dès qu'il nous aperçoit. Non, Messire Xanthos et les deux colosses qui nous accompagnaient quelques heures plus tôt ne sont pas encore rentrés, mais, si nous le désirons, il va partir à leur recherche, lance t-il en dévorant des yeux mon Ylaria, ce que, ma foi, je lui pardonne volontiers car elle est réellement resplendissante.
– Vas-y, file ! ... lui dis-je en souriant. Pendant ce temps nous allons poursuivre la visite du Château et nous installer pour la soirée et la nuit !

Nous pénétrons tranquillement au sein de l'enceinte fortifiée, n'y croisant que quelques militaires s'entraînant au tir à l'arbalète sur des cibles de paille. Apparemment, le bataillon est logé dans une annexe située au centre d'un patio à ciel ouvert, lequel débouche sur une enfilade de parterres joliment entretenus. C'est dans cette direction que j'attire ma sultane, afin de profiter des deux petites heures de clarté qui nous restent avant la tombée de la nuit. Les sentiers, bordés de massifs colorés et parfumés, où dominent lauriers roses, mimosas et hibiscus, descendent lentement vers la mer, et nous les suivons au hasard, tout en admirant le paysage. Hé oui, en dépit de nos gigantesques préoccupations, nous demeurons des disciples de la joliesse du monde. Main dans la main, nous parvenons sur un promontoire de granit que les vagues s'amusent à éclabousser joyeusement.

Et là, que distinguons nous ? Trois silhouettes massives escaladant un sentier bougrement escarpé en braillant une chanson de marins dont les paroles, déformées par l'abus d'ouzo ou de raki, feraient rougir de confusion les plus abominables maquerelles du monde entier, celles qui avalent autre chose que de la poussière. Par bonheur, nous avons reconnu ces trois ténors ivres morts : Xanthos, et nos deux gardes du corps, Celestino et Angelo. En ma qualité de poète, ami des muses, et maître absolu des rimes en ouille, ma spécialité, je dois bien admettre que je suis sidéré et largement surclassé par les énormités fleurissant dans chaque couplet de leur chant paillard. Nos joyeux loustics, titubant comme des canards qui auraient enfilé une paire de bottes, s'écroulent finalement l'un sur l'autre à quatre pas de nous. Et voilà ce que ma sultane et moi parvenons à saisir de leurs élucubrations alcoolisées :

- Xanthos : Crotte, j'ai glissé dans la boue ! Cécé, bouge tes fesses, t'es lourd, tu m'écrases les guibolles !
- Celestino ( rebaptisé Cécé, apparemment ) : J'y arrive pas Xanxan, y'a l'Angelus qu'est couché sur mon dos !
- Angelo ( Angelus, sans doute ) : Deux minutes, les gars, j'ai pas fini de dégobiller !
- Xanthos : Ah ben non, pas sur mes fringues !
- Celestino : Ah ben non, pas dans mon cou !
- Angelo : Trop tard ! Beuarghhh !

Et zou, Angelo dépose le contenu de ses boyaux dans la boue, et seul un véritable bond de cabri nous permet d'éviter une gerbe d'éclaboussures verdâtres. L'improbable trio s'est tu, comme épuisé, et s'est allongé, presque groggy, mais nous ne pouvons bien entendu abandonner ici nos lascars.
– Aide-moi à les relever, ma chérie. Et fais attention de ne pas glisser dans les vomissures. Fichtre, ils pèsent des tonnes, ces pignoufs ! ... constaté-je en redressant vaille que vaille Celestino, le plus massif des trois, et en le soutenant de mon mieux pour qu'il ne se vautre pas dans l'onctueuse mélasse.

– On va leur trouver un plumard au Palais, si on parvient à les transporter jusque là. Occupe-toi de Xanthos, mon cœur, je vais me coltiner les deux autres ! Tu vas rire, je ne m'attendais pas à ce qu'ils sympathisent comme ça, ils sont plutôt sérieux et coincés, nos gardes du corps. J'me demande ce qu'ils vont nous raconter ... Heuuu, Angelo, tu nous préviens si tu sens que ça remonte, hein !


_________________
avatar
Umberto Benedetti

Messages : 4948
Date d'inscription : 05/07/2016
Age : 29

Revenir en haut Aller en bas

Re: Une Perle, une Rime, pour élucider un crime III - Palais de Nikouria - PV Yla

Message  Ylaria Agrinali le Lun 5 Mar - 21:43



Lorsque le Palais nous apparaît au détour d'une ruelle, fière sentinelle enturbannée de soleil, Umberto et moi tombons d'accord sur notre départ le lendemain, ou du moins dès que les cales de notre Opalescente auront été vidées de leur contenu. Nous emporterons vers Venise quelques marchandises que Xanthos a sélectionnées chez les artisans et commerçants de Nikouria. Il me confiera également des pierres précieuses, ainsi qu'un rubis de la plus belle eau, monté en pendentif dont il m'a promis de me raconter l'histoire fascinante, le tout rapporté d'Albanie. Mais pour l'instant, l'heure est à la contemplation des beautés que nous offrent généreusement les jardins du Château.

La végétation luxuriante nous abreuve de couleurs vives et pastels, de parfums suaves ou capiteux, en contrebas des vaguelettes d'un bleu limpide moucheté d'écume lèchent paresseusement la grève ou explosent en mille gouttelettes sur les rochers. La douceur contre la force, le contraste avec les remparts et le fort est fabuleux. C'est si calme, si idyllique qu'une envie irrépressible de baisers me submerge, je m'empresse de la satisfaire aussitôt auprès de mon tendre poète. Avec un sourire facétieux aux lèvres, je me coule dans ses bras dès que nous atteignons le sommet du promontoire :

- N'est-ce pas le plus merveilleux endroit pour s'embrasser, caro ? L'antichambre du paradis ... quand les Ottomans ne viennent pas tout saccager ...
Et puis soudain des beuglements dissonants déchirent la quiétude de notre jardin d'éden. Des chants d'ivrognes, d'une extrême grivoiserie résonnent en provenance de trois silhouettes vacillantes qui grimpent péniblement l'un des sentiers venant de la plage.

- Mais qu'est-ce- que ... Mon Dieu ! Mais ce sont nos trois compères !
Ils terminent leur ascension chantant à tue tête, enfin si on peut appeler ces mugissements de mammouths en rut chanter. Puis ils s'écroulent à quelques pas de nous dans un mélange de bras, de jambes, de corps avinés. Leur conciliabule ânonné entre deux rots et deux reniflements est hilarant. De plus voir ainsi nos deux cerbères toujours guindés et sur le qui-vive, me laisse sans voix. Mais la suite est nettement moins ragoutante. Grâce à notre agilité et à notre instinct de conservation, Umberto et moi faisons un bond en arrière, juste à l'instant où Angelo manque de nous asperger de ses ignobles vomissures verdâtres. Il faut dire que mon amant terrible a déjà vécu ce genre de mésaventure et désormais il préserve ses précieuses cuissardes rouges avec l'ardeur d'une mère poule protégeant ses poussins.

À une chose malheur est bon, le silence est revenu, et les trois malabars se sont tus, certainement épuisés par leur virée. Cependant les ramener au Palais ne va pas être de tout repos, Umberto n'est pas un colosse et moi non plus, mais à force d'encouragements et d'efforts de toute part, nous finissons par hisser debout nos trois imprudents. J'ai passé le bras de Xanthos autour de mon cou et je précède le trio Celestino, Umberto, Angelo en direction de la cour du Château.

- Tu t'en sors avec ces deux beaux bébés, tesoro ? Conduisons-les dans l'annexe où sont logés les militaires. Je ne crois pas être capable d'aller au-delà ... même si Xanthos est certainement moins lourd que nos deux anges gardiens ! Courage, caro mio, nous y sommes presque !
Ces encouragements sont autant pour Umberto que pour moi, car les derniers mètres sont les plus difficiles. Nous ressemblons à ces grosses tortues de mer, courbés en deux, un pas après l'autre, maladroit et pataud. Mais finalement des soldats intrigués par notre singulier équipage se précipitent vers nous et nous déchargent de notre fardeau. Essoufflée, je les remercie chaleureusement :

- Oh merci beaucoup messires ! Je n'en pouvais plus ! Est-il possible de conduire ces pauvres hères dans vos quartiers et les y coucher pour la nuit. Ils ne seront jamais capables d'aller plus loin. Regardez Celestino a déjà les yeux fermés, il va s'écrouler à nos pieds ! Je ne sais pas si Messire Xanthos sera le bienvenu chez lui dans cet état, mais peut-être que l'un d'entre vous peut l'y conduire ?
Ouf ! Rattrapé de justesse, Celestino se blottit dans les bras d'un garde, comme un gros bébé. En riant de bon coeur, je prends la main d'Umberto et nous laissons nos trois coquins sous bonne garde ... avec les gardes !

- Je crois que c'est assez d'aventures pour une seule et même journée, qu'en penses tu, caro mio ? Si nous allions visiter le Palais du Recteur ? Ce devrait être beaucoup plus calme, non ?
Nous traversons la cour pavée, les colonnes de pierre blanche nous accueillent et nous ouvrent la porte sur une grande salle ouverte sur une terrasse fleurie qui surplombe la mer. Il y a de quoi accueillir la moitié de la ville ici, pourtant malgré sa taille imposante, la pièce reste chaleureuse. Les larges ouvertures sur l'extérieur,  la décoration sobre, les fleurs disposées dans de grandes vasques de pierre y contribuent sûrement. Je peux l'imaginer sans mal pleine d'invités pour une réception ou bien un bal ...

Mais comme d'habitude mon imagination galope et m'entraîne vers un monde de rêves éveillés. Je dois tirer fermement sur les rênes pour redescendre sur terre alors qu'un couple de serviteurs vient vers nous. Charmants, ils nous expliquent que nous pouvons diner dans la petite salle à manger ou dans la chambre, que nos bagages ont été défaits, et qu'ils sont à notre disposition. Avec un sourire légèrement moqueur, car je connais déjà la réponse de mon Recteur de poète, je me tourne dès lors vers Umberto :

- Qu'en dites-vous, messire Recteur ? Où désirez vous prendre votre diner ? Voulez-vous d'abord prendre connaissance des documents qui se trouvent dans votre bureau ? Ou bien préférez-vous vous reposer ?

_________________

 Un grand merci à la talentueuse Cassandra !
avatar
Ylaria Agrinali

Messages : 3033
Date d'inscription : 05/07/2016

Revenir en haut Aller en bas

Re: Une Perle, une Rime, pour élucider un crime III - Palais de Nikouria - PV Yla

Message  Umberto Benedetti le Mer 7 Mar - 9:03



Poésie et soldatesque forment deux univers diamétralement opposés. L'esprit et le muscle. Le ravissement, et, trop souvent, les larmes. Mais ce soir, sapristi, c'est avec un plaisir non dissimulé, que partage d'ailleurs ma sultane, que je vois apparaître une poignée de militaires, ceux qui assurent la sécurité du port et du palais. Sans doute sont-ce des archers à qui l'obscurité naissante octroie une pause bien méritée. Nous nous présentons à eux, et ces braves soudards, charmants et compatissants, nous soulagent des trois fardeaux alcoolisés qui nous brisaient l'échine.

Ils ont identifié notre bon Xanthos, semblent étonnés de le voir dans cet état second, mais n'émettent aucun commentaire moqueur. Ils esquissent simplement un sourire entendu, et je leur en suis reconnaissant. Ma princesse leur suggère de les mettre au lit dans les quartiers qui leur sont réservés, afin que les détails de leur énorme cuite ne fassent pas le tour de l'île, et nous demandons à l'un d'entre eux, un maigrichon affichant une épaisse moustache poivre et sel, d'aller avertir l'épouse de notre ami afin qu'elle ne se fasse pas trop de mouron à son sujet, et, surtout, qu'elle ne l'accueille pas à grands coups de fer à repasser sur le crâne s'il choisit de regagner malgré tout la couche conjugale. Le freluquet moustachu, prénommé Anastasiopoulos, me paraissant fiable et plein de bonne volonté, je le nomme aussitôt ... euh ... chef de ce petit peloton, avec le grade qui lui conviendra le mieux, car, de vous à moi, j'ignore tout de la hiérarchie militaire à Nikouria. Alors autant qu'il choisisse son grade lui-même, n'est-ce pas ?

Tout ceci étant réglé à la satisfaction générale, ma Fleur exotique et moi poursuivons notre route vers le palais, bras dessus, bras dessous. Nous voici incontestablement les deux personnages les plus importants de l'île, mais nous demeurons un couple d'amoureux comme les autres, bien entendu. Enfin non, pas tout-à-fait, puisque nous sommes aussi la plus harmonieuse représentation de l'intelligence et du charme italiens, mais notre rôle n'est-il pas de faire profiter de cette image superbe nos administrés les plus modestes, les plus anonymes ?

Ma sultane me proposant de visiter l'immense bâtisse, je m'empresse d'accepter.
– Excellente idée, ma perle de nacre. Explorons tranquillement notre nouvelle et somptueuse résidence. Mais si nous croisons un fauteuil blotti dans un recoin sombre, j'y ferai volontiers une petite pause, car j'ai le dos en compote après avoir transporté nos joyeux compères. Une petite pause, comment dire ? ... sentimentale ... en votre compagnie, ma chère rectrice ... ajouté-je en lui mordillant les lèvres, plutôt à la manière d'un brigand qu'à la manière d'un personnage officiel de mon rang, car, ma foi, j'adore ça.

Cependant, un couple de serviteurs nous interpelle soudain alors que nous franchissons l'entrée, ornée d'immenses vasques de pierre d'où jaillissent des gerbes multicolores de fleurs superbes aux parfums capiteux. Ce duo disparate, un ours poilu et lymphatique accompagné d'une pomme de reinette un brin agitée, nous propose de nous servir le dîner soit dans la salle à manger, soit dans notre chambre, là où ils ont déposé nos bagages. Un sourire malicieux et une phrase espiègle de ma joaillière me confirment qu'elle lit en moi comme dans un livre ouvert et qu'elle a bien évidemment deviné quel sera mon choix.
– Et si nous laissions à Xanthos le soin de gérer lesdits documents, ma chérie ? Il fera ça beaucoup mieux que moi ... déclaré-je en lui octroyant mon regard 37 bis, celui qui signifie : « Tu es une fieffée coquine et c'est toi que je vais croquer en guise de dessert, ma princesse ! » Puis, me tournant vers l'improbable tandem : Dans la chambre ce sera très bien ! Nous vous remerçions. Vous pouvez y déposer le repas, et nous nous débrouillerons parfaitement !  Ce qui se traduit par : « Faites vite et ensuite disparaissez, car nous avons l'intention de nous rouler tout nus sur les draps ».

Je récupère la main de ma Rose des sables et nous traînaillons encore un tantinet dans le dédale des couloirs, car, ma foi, nous préférerions que le dîner soit servi avant de rejoindre notre chambre, afin de ne pas y être importunés par qui que ce soit lorsque nous nous installerons. Au bout de quelques savants détours entre les murs d'un blanc aussi immaculé et lumineux qu'un paysage de neige, nous repérons nos deux majordomes regagnant les cuisines, mains et plateaux vides, et nous en déduisons que les plats sont arrivés à destination et que la route est libre.
– Hop, à table, mon trésor ! On va se régaler ! Et puis zou, s'il me reste une petite place, c'est toi que je vais dévorer des pieds à la tête ! ... lui lancé-je en riant et en l'emmenant vivement à ma suite.

La chambre est immense, le lit aussi long et large que l'Opalescente, il nous tend les bras, et c'est vers lui que je me dirige aussitôt, sans lâcher les doigts délicats et fuselés de ma sultane. Changement de programme ! La table, pourtant copieusement garnie et joliment décorée, ne m'intéresse nullement !
– On mangera plus tard ! Ordre du Recteur ! ... annoncé-je en entraînant ma Perle fine dans un gigantesque plongeon qui nous amène au centre du lit, et nous y disparaissons à moitié tellement il est épais et moelleux.
– Mon dieu, il nous avale ! Il est monstrueux ! Défendons-nous , mon amour !

J'adopte une mine nettement plus réjouie qu'agressive, et j'attrape le monstre par un mollet, lequel, bien entendu, appartient à ma douce Orientale et prolonge l'une des plus magnifiques gambettes que la terre ait jamais porté. Cette couche douillette et monumentale est une bénédiction, elle autorise toutes les extravagances, et le très honorable Recteur de Nikouria – moi-même – ne manque jamais d'imagination. J'ai renversé ma Fleur d'Oranger, la chevauche, glisse les mains partout à la recherche de sa peau, et me mets soudain à crier, mimant une incroyable panique :
– Juste ciel, ce démon de satin cherche à nous déshabiller ! Attends, mon coeur, je te protège !

Interprétant ce dernier mot à ma manière, j'ai tôt fait de dévêtir entièrement ma ravissante partenaire, laquelle, se piquant au jeu, m'enlève d'une menotte habile pantalon, chemise et sous-vêtements.
– Ce diable est trop fort pour nous ! Ne bouge pas, mon trésor, je vais chercher une arme !

Je me rue vers nos bagages, nu comme un ver de vase – et non pas comme un vase de verre – et j'en reviens illico en dissimulant au mieux, au creux de ma main, ces exquis cordons de Cordoue que mon Yla a récemment expérimentés sur moi. Je ne pense pas qu'elle les ait repérés, et zou, en moins de temps qu'il n'en faut à un lézard pour gober un moustique, je noue subrepticement dans son dos les poignets graciles de ma délicieuse amante. Je la dévisage alors d'un air malicieux, presque triomphant, jouissant ouvertement de la surprise qu'exprime son joli minois.
– A chacun son tour, ma chérie ! Cette fois tu es à ma merci !

Je m'accroupis entre les cuisses de ma captive, le sexe déjà dressé tel un flamboyant étendard, pose les doigts sur son ventre, ses hanches, ses seins, sculpte délicatement chacune de ses courbes, les pétris, les palpe, les cajole, puis harcèle tendrement ses mamelons fièrement érigés. Ma langue se joint à ce fascinant manège, dérive lentement vers son Mont-de-Vénus et dépose cent baisers incandescents sur ses lèvres moites et frémissantes. Elle s'insinue ensuite au creux de sa fragile intimité, fouillant délicieusement les replis les plus secrets de son corps. Sans distinguer les traits de son visage, je l'imagine crispé par la délectable torture, et je persévère, quitte à la rendre folle. Dieu que c'est bon. Dieu comme je l'aime.


_________________
avatar
Umberto Benedetti

Messages : 4948
Date d'inscription : 05/07/2016
Age : 29

Revenir en haut Aller en bas

Re: Une Perle, une Rime, pour élucider un crime III - Palais de Nikouria - PV Yla

Message  Ylaria Agrinali le Ven 11 Mai - 9:29



Le brave couple de serviteurs file s'activer en cuisine, et en attendant notre dîner nous flânons de pièces en pièces découvrant les merveilles que renferment le Palais. Le précédent Recteur devait aimer les arts, car de nombreuses toiles de maître ornent les murs, et autant de sculptures de marbre, d'onyx s'exposent à nos yeux. Émerveillée par tant de beauté, tant de talent, je me dois de prendre le temps de les admirer plus en détail ... Mais pas aujourd'hui, pas ce soir, les prunelles d'azur de mon Umberto, ses sourires en coin, sa main qui s'entrelace à la mienne, et s'égare sur mes reins pour me faire entrer dans une pièce, tous ces petits gestes, ces regards entendus me confirment ce que je sais déjà puisque je le ressens aussi : il a hâte que nous gagnions la chambre ! Et moi, j'ai faim de ses baisers, de sa peau ...

Par chance au détour d'un couloir nous apercevons les silhouettes discrètes de nos deux domestiques qui disparaissent tels des fantômes dans les profondeurs de la grande demeure. Notre repas doit être servi, et immédiatement mon coquin d'Umberto m'entraîne vers notre chambre, en riant, il me promet de me dévorer en dessert, mais nous savons tous les deux que ce sera plutôt en hors d'oeuvre. Amusée, émoustillée par ses promesses, je le suis dans le labyrinthe de couloirs d'un blanc immaculé, égayé de temps à autres par un tableau, une composition florale. Enfin ! Nous y voilà, la lourde porte se referme silencieusement et nous isole du monde extérieur et de ses tracas pour la soirée et la nuit.

Cette chambre est une invitation à la sensualité, à l'amour, le lit gigantesque est recouvert de plusieurs courtepointes dont le moelleux est une tentation contre laquelle on ne peut lutter. Le souper peut attendre, je n'ai d'yeux que pour mon poète qui se dirige aussitôt vers la couche rebondie :

- Et bien cela nous changera de la minuscule couchette de l'Opalescente ! Je me plie volontiers à vos ordres Messire Recteur, allons explorer les mystères de ce lit douillet !
Dans un même élan nous nous jetons sur l'édredon, et disparaissons presque au milieu de cette douceur vaporeuse. Umberto est d'humeur joueuse, ce qui me ravit, notre joute contre la courtepointe risque fort de se terminer par un corps à corps bien plus charnel et voluptueux.

Le monstre de plumes nous gobe, nous enveloppe comme un cocon dans lequel toutes les bêtises d'amoureux sont permises. Après un combat épique qui nous a surtout autorisé toutes les contorsions imaginables pour nous déshabiller mutuellement, sans parler des caresses furtives et des baisers volés, Umberto décide soudain qu'il nous faut une arme pour vaincre ce dragon de satin. Intriguée plus qu'inquiète, je me redresse sur les coudes et le regarde farfouiller dans ses affaires, l'admirant au passage dans sa nudité triomphante. J'aime ses fesses rondes, son dos ciselé par une fine musculature, et ses longues jambes qu'il me tarde d'enserrer entre les miennes.

- Une arme, caro mio ? Que vas-tu inventer encore ?
Je souris, je frissonne d'anticipation et de désir. Mais lorsqu'il revient vers moi, aucune épée de chiffon, aucun poignard de pacotille n'équipe sa main. Renonçant à comprendre les méandres de l'esprit coquin et inventif de mon cher amant, je me laisse aller dans le gonflant de l'édredon, offerte, le corps frémissant d'impatience. Et soudain en un tournemain, ce gredin me lie les poignets dans le dos ! Quelle délicieuse surprise, je ris de sa malice autant que de ma naïveté, je le taquine aussitôt :

- Les cordons ! Espèce de coquin ! Voila donc ce que tu mijotais ! C'est bien joué ! Je suis donc ta prisonnière mon cher Recteur ! Use et abuse de moi autant qu'il te plaira !
Si le moelleux de l'édredon atténue sans mal l'inconfort de la position, celle-ci a un avantage non négligeable, elle m'oblige à cambrer mon dos, m'offrant ainsi totalement aux caresses d'Umberto. Ses mains habiles dessinent sur ma peau des chemins brûlants sans que je puisse m'y soustraire. Ce chenapan sait très bien ce qu'il fait, je lui ai déjà infligé cette délicieuse torture. À la lueur malicieuse qui étincelait dans ses yeux clairs s'est ajouté la flamme du désir, il guette chacun de mes soupirs, chaque gémissement qui s'échappe de mes lèvres. Confiante, je me perds dans le ciel de ses prunelles, avant de renverser la tête en arrière pour savourer la tendre et exigeante exploration de ses doigts. Mes seins se tendent douloureusement, avides de sa bouche gourmande, j'aimerais presser son visage contre ma poitrine, mais je ne peux que me cambrer davantage à la rencontre de ses lèvres pour qu'elles sucent encore ses pointes durcies et m'arrachent des gémissement de plaisir.

Mais c'est peine perdue, avec une lenteur qui me met au supplice et tord mon corps de désir, ses mains, sa bouche quittent mes seins et s'aventurent sur mon ventre, effleurent le derme si sensible à l'intérieur de mes cuisses, et lorsque sa langue les rejoint enfin, je tremble d'impatience soulevant mon bassin pour l'accueillir en moi. Elle s'insinue dans la chair tendre de mon intimité, la fouillant si habilement que j'en perds le souffle. À chaque fois que sa langue plonge en moi, le chatouillis rêche de sa barbe dorée excite le petit bouton de chair nacrée gonflé de désir. Aussi talentueux amant que poète, Umberto use de tout son savoir, de tout l'amour qui nous unit, je n'ai plus aucun contrôle, mon corps lui appartient et vibre au rythme de ses caresses, de ses baisers. Il accompagne les mouvements saccadés de mes hanches de sa bouche, de ses mains, attisant le feu qui coule dans mes veines.
Toute aux sensations qui bouleversent mon corps à la limite de l'extase, d'une voix haletante, je le supplie mon amour de me rejoindre :

- Tesoro ... je t'en prie ... je te veux ... en moi ... maintenant ...
Je me tortille, essayant de lui échapper, son sexe tentateur palpite contre ma jambe, cependant la moelleuse courtepointe entrave mes mouvements presqu'autant que les cordons qui lient mes mains. Mais l'urgence est une maîtresse impérieuse, je noue mes jambes autour d'Umberto pour le faire basculer sur moi, c'est une manoeuvre un peu brutale, pourtant elle fait mouche. Mon cher poète doit abandonner la douce torture qu'il me faisait subir créant un vide, un manque poignant entre mes cuisses qu'il me tarde de combler. Cependant il n'y a pas que moi qui suis arrivée au paroxysme du désir. Je resserre mon étreinte, me glisse sous le corps brûlant d'Umberto pour sentir enfin à l'orée de mon intimité, l'extrémité turgescente de son membre tendu. Elle pèse si délicieusement sur les lèvres délicates qu'un éclair fulgurant me traverse de part en part. Enfin avec une lenteur qui manque de me faire défaillir, il s'enfonce en moi de toute sa longueur de cette hampe virile, me complétant à merveille. Arquée vers la délivrance, vers le plaisir ultime, le souffle court, je cherche la bouche d'Umberto.

- Libère moi ... s'il te plaît ! supplié-je, alors que nos corps soudés entament une danse effrénée. Peu importe ces liens désormais, je n'existe plus que par les assauts de mon amant auxquels je réponds de manière éperdue, toute entière livrée aux sensations qui m'assaillent, à l'extase qui monte en moi. Et puis soudain le corps tendu à l'extrême, je chavire brusquement entraînant dans un même cri rauque mon tendre tortionnaire vers les rivages du plaisir ...

_________________

 Un grand merci à la talentueuse Cassandra !
avatar
Ylaria Agrinali

Messages : 3033
Date d'inscription : 05/07/2016

Revenir en haut Aller en bas

Re: Une Perle, une Rime, pour élucider un crime III - Palais de Nikouria - PV Yla

Message  Umberto Benedetti le Sam 12 Mai - 14:57


Voilà qui se nomme une entourloupe rectorale couronnée de succès, n'est-ce pas ? Ma Perle de Jade n'a rien vu venir, n'a pas pu anticiper la manœuvre, et patatras, la voici conquise, piégée et étroitement saucissonnée entre un torse nu de fougueux poète et un vilain croque-mitaine de soie brodée qui cherche à l'engloutir toute entière. Mais minute, papillon, pas de ça chez nous ! Ma princesse et moi prenons alors une décision souveraine et unilatérale qui nous permet d'exclure illico de notre aventure le monstre aux canines de dentelle et de le renvoyer à son univers imaginaire. Nous n'avons plus besoin de lui, sapristi ! Va t'en donc, vile fripouille !

Hop, enfin seuls, et je compte bien mettre à profit la mobilité restreinte de ma séduisante compagne pour la grignoter tout partout, lui mâchouiller le bout des lolos, la pétrir et la tripatouiller tout mon soûl. Non pas qu'elle soit opposée à ce genre de délicieux manège en temps normal, que nenni, mais ces chers cordons pimenteront la scène, agrémenteront nos ébats, afin que nous culminions de concert dans les plus hautes sphères du nirvana.

Ma sultane, d'ailleurs, ne traînaille pas en route sur les voluptueux chemins menant au vertige. En effet, je ne lui laisse aucun répit, et sa position, poignets et bras immobilisés dans le creux de son dos, la contraint à se cambrer davantage et à m'offrir en cadeau chaque pore de son corps superbe. J'ai beau le connaître sur le bout des doigts, j'en redessine chaque méandre, j'en redécouvre chaque ondulation, j'en escalade chaque éminence avec l'infinie lenteur d'une vague se mourant sur une grève dorée, et mes mains et ma bouche se relaient pour y déposer leur empreinte brûlante. Lorsque ma langue épouse délicatement son intimité et harcèle son bouton de rose, ma princesse s'abandonne à ce plaisir qui la submerge rapidement. Sa discrète moiteur, son souffle court, les geignements qu'elle s'efforce de retenir, sans y parvenir vraiment, me le révèlent à suffisance. Son bassin, captif de mes paumes, se met à se tordre et à vibrer au rythme des tendres effleurements et des douces morsures de l'extrémité de mes lèvres. Et soudain ma Fleur d'Orient gémit davantage, elle quitte la terre, elle se meurt dans une exquise agonie, elle n'en peut plus de tendre son corps comme un arc et de m'attendre, elle me réclame, m'implore, me veut en elle, et m'invite à la chevaucher en resserrant ses longues jambes autour de ma taille.

Tout comme elle, me voici parvenu au paroxysme du désir. Mon sexe est orgueilleusement dressé vers le havre charmant de sa féminité et je m'efforce de contenir ma fougue, de contrôler durant un instant encore les exigences de mon corps, de nos corps, mais cet objectif s'avère rapidement irréalisable. Il y a trop d'amour en moi. Il me transporte, il m'aiguillonne. Mon membre tendu comme jamais cesse de taquiner l'étroit sillon rose et humide menant au paradis des joaillières et des poètes, et je le glisse précautionneusement dans le tendre sanctuaire que m'offre mon exquise maîtresse. Yla cherche ma bouche, m'implore de libérer ses poignets, mais non, plus tard peut-être, car je vais et je viens irrémédiablement en elle et je suis désormais hermétique à toute autre considération, demande ou initiative. C'est mon sexe qui a pris les commandes, et je me cambre à mon tour, m'arc-boute et décuple d'efforts pour mieux satisfaire ma princesse. Mes grognements ont rejoint ses plaintes les plus déchirantes, et un torrent de sensations étourdissantes et merveilleuses nous emporte vers ce monde magique qui n'accueille que les amants véritables.

Plus tard, beaucoup plus tard, le jour s'est levé sur le port qui sommeille encore sous les larges fenêtres de notre chambre. Nous sommes tendrement enlacés sur ce lit somptueux qui ressemble dorénavant à un champ de bataille. Mauvaise nouvelle, cependant, pour mon Yla, toujours captive des cordons de Cordoue...
– Impossible de dénouer ces ignobles liens, mon cœur ! Ils résistent à tous mes efforts !

Je me suis assis derrière elle, au centre des draps froissés et chiffonnés formant un curieux amoncellement sous nos fesses, et je fais mine de tirer comme un beau diable sur les extrémités des rubans, de m'entêter à démêler ces sacrés nœuds, et surtout de n'arriver à rien, mais, bien sûr, il s'agit là d'une ruse de guerre pour prolonger notre doux réveil. Poète, amant et filou, voilà trois qualités qui n'ont rien d'incompatible, n'est-ce pas ? Bref, il me serait aisé de détacher ma Vénus Orientale, mais je suis particulièrement bien, et je n'ai pas envie de bouger d'un pouce, même s'il est prévu d'appareiller vers Venise en fin d'après-midi et que nous devons encore boucler nos valises, saluer Xanthos et distribuer quelques instructions au personnel du Palais.
– Je crois que tu vas devoir monter à bord de l'Opalescente ainsi ficelée, mon trésor. Et je ne vois pas comment tu vas pouvoir t'habiller décemment avec les poignets attachés dans le dos ! Mais j'veux bien encore essayer un peu, à condition que tu me donnes d'abord un baiser enflammé !

Je prends délicatement son visage entre mes mains, et ce baiser torride, c'est moi qui le lui donne. Les suivants aussi. Au diable l'avarice, sapristi. Et je la détache alors en lui offrant mon sourire le plus malicieux et pendard.
– Ouf, j'ai bien cru qu'on n'y arriverait pas ! ... ajouté-je avant d'éclater de rire, de jaillir hors du lit et de me rhabiller de façon sensuelle et provocante pour amuser ma sultane.
– Mais si tu as le malheur de raconter partout que l'honorable Recteur de Nikouria se comporte comme un libertin ou une gourgandine, je t'attache à la proue de l'Opalescente et je t'y laisse jusqu'à Venise ! ... grondé-je en affichant une bouille beaucoup plus drôle que sévère, avant d'embrasser à nouveau la jolie frimousse de ma Fleur d'Oranger.



_________________
avatar
Umberto Benedetti

Messages : 4948
Date d'inscription : 05/07/2016
Age : 29

Revenir en haut Aller en bas

Re: Une Perle, une Rime, pour élucider un crime III - Palais de Nikouria - PV Yla

Message  Contenu sponsorisé


Contenu sponsorisé


Revenir en haut Aller en bas

Revenir en haut


 
Permission de ce forum:
Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum