La Sérénissime
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Le Casse de la Semaine (PV Ada)

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Le Casse de la Semaine (PV Ada)

Message  Guido le Borgne le Jeu 25 Jan - 22:51

Le Borgne laissait souvent traîner ses oreilles à travers Venise, ses marchés, et ses quais. C'était une source inépuisable d'informations pour un criminel de son espèce. C'était en rôdant sur les quais des Zattere,  dans le sestiere de Dorsoduro qu'il avait, pensait-il décroché l'information du siècle.
Le genre de tuyau qui ne tombait dans l'oreille d'un gredin que deux ou trois par vie. Il en était même spécialement fier, et entendait bien rester seul sur ce coup-là.

Il avait ainsi vu un riche marchand  de la ville de Verona s'embarquer sur un navire en partance pour Naples. Il avait vu ce bon gros bourgeois qui discutait bien fort, trop fort, avec un de ses bons amis, en lui expliquant qu'il partait pour un bon mois, en laissant sa jolie demeure dans une belle avenue connue de la ville fermée. Normal puisqu'il amenait femme, enfants, et domesticité. 
Vu l'énergumène, c'était à coup sûr une mine d'or laissée sans aucune surveillance.

Le jour-même, il avait volé une embarcation pour sortir de la lagune, et à peine débarqué, il avait volé un cheval dans un relais pour filer droit vers la ville dans les campagnes au Nord de Venise.
Il partait au pillage sur une cible apparemment sans défense, et allait pouvoir se remplir les poches avec tout ce que ce nigaud pouvait posséder et qui avait de la valeur. Un mois, c'était bien plus qu'il ne lui en fallait pour vider une maison de tout ce qui pouvait l'intéresser.

Arrivé à Verona, il n'avait pas perdu de temps, et s'était directement rendu dans l'avenue en question. En plein jour. C'était un simple repérage, et il avait été on ne peut plus facile.Une maison bourgeoise entièrement fermée. Autant dire qu'il n'y en avait pas 36.
Le repérage effectué, il était parti dans une auberge en attendant que la nuit tombe en vidant quelques chopes de bière et en réfléchissant sur son coup.

Après un bon souper chaud, il avait quitté l'auberge l'air de rien, et était revenu sur les lieux dans une rue presque déserte. Les villes provinciales étaient souvent paisibles, et bien moins surveillées. 
Sortant un crochet, il s'attaqua à la porte d'entrée principale, et l'expérience aidant, la porte fut ouverte en quelques instants. Une fois à l'intérieur, il l'avait soigneusement refermée, et avait même poussé un petit meuble devant pour mieux la barrer.

Comme attendu, la demeure était bien cossue à souhait et respirait la bourgeoisie aisée. Pas un chat à l'horizon, pas un garde. Tout était éteint.
C'était... oui, parfait. Il frotta ses mains gantées entre elles en ricanant et les claqua plusieurs fois, très fier de lui. Un coup en or, oui. Ce serait même plus facile que d'ôter une sucette de la bouche d'un nouveau né joufflu. Sortant un grand sac de toile de sous sa cape, il se mit à regarder les différentes pièces en sifflotant.

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Re: Le Casse de la Semaine (PV Ada)

Message  Ada Gaspari le Ven 26 Jan - 0:04

On n'avait jamais trop de pognon, songeait Ada en chemin pour Vérone. Il ne lui avait pas fallu longtemps pour trouver quelques contacts utiles à Venise. Le nom d'Alessandro Gaspari - enfin quelques uns de ses alias plutôt - lui avait ouvert des portes et avait réveillé des liens comme ceux qui ne se créaient que dans les bas-fonds d'une ville. Cela dit, à ses yeux, Venise était un ramassis de ruelles des bas-fonds, ni plus ni moins. Dépravée et regorgeant de malfrats autant que de victimes, elle était un terrain de chasse rêvé pour quelqu'un comme elle. Pourtant voilà qu'elle se trimbalait jusqu'à Vérone et avec plaisir en plus. Il fallait dire que cette fois elle était tombée sur un tuyau en putain d'or massif.

Il y avait quelque part dans ce monde un boulet suffisamment lourd pour avoir annoncé à haute voix qu'il laissait son palazzo vide alors qu'il partait sa la couler douce en villégiature on ne savait où avec madame et les bonniches. D'ordinaire, ça lui aurait paru beaucoup trop gros pour être vrai, un véritable piège à cons. Et comme y'avait un sacré paquet de malandrins suffisamment cons pour se lancer dans ce genre de traquenards, les autorités devaient pas se priver d'en organiser. Enfin bref, en tout cas cette fois, le tuyau avait l'air plus que solide. Elle avait eu toutes les assurances nécessaires et menacé de faire bouffer ses couilles à celui qui l'envoyait au casse-pipe si l'affaire était vérolée.

Sur place, elle se perdit volontairement dans les rues autour de sa cible jusqu'à s'assurer de ne pas être suivie et changeant plusieurs fois d'apparence. Pour finir, c'est avec les frusques d'une bonniche à peine propre qu'elle fit le tour de la maison comme si elle avait un courrier à porter à ses occupants. Le voisinage lui confirma qu'il n'y avait personne et elle repartit avec la mine navrée de celle qui va manger une rouste pour son incompétence à trouver des gens partis de chez eux. À la nuit tombée, elle quitta sa cachette et revint à la maison du bourge inconscient pour y pénétrer par l'arrière.

Elle avait repéré un fenestron pas trop haut et accessible par un muret, un appui de fenêtre et une gouttière. L'encadrement de bois lui avait paru suffisamment fendillé et abimé par ls intempéries pour lui permettre de faire sauter le verrou d'un coup de lame. A cette hauteur, les gens n'étaient jamais assez prudents, comme si personne ne savait escalader les façades. Elle se hissa jusqu'au rebord comme prévu, invisible et silencieuse sur cette façade arrière en pleine nuit, et enfonça la lame courte d'un de ses couteaux dans le bois tendre. Quelques instants plus tard, elle atterrissait dans un réduit qui devait servir de débarras ou un truc du genre vu le bordel. Elle referma le battant de bois, hautement satisfaite que sa taille menue lui ait permis ce passage inattendu, puis se glissa sans bruit hors du placard. On était jamais trop prudent.

Il n'y avait pas un chat, pas le moindre souffle de vie dans cette foutue barraque, c'était carrément le fantasme ultime de tout fainéant de voleur. La première pièce lui apprit qu'elle n'allait pas être déçue et elle poursuivit son exploration, entassant dans une grande toile les petits choses faciles à transporter et notant dans sa tête les objets plus massifs pour lesquels elle reviendrait. Car elle avait tout son temps. nom de dieu, c'était le pied. Elle allait prendre sa retraite très bientôt dans un palais dix fois plus beau que celui-là.

Soudain, le silence fut rompu par des bruits qu'elle s'efforça d'identifier : un glissement de meuble sur du dallage, un froissement d'étoffe et... des claquements ? Oui c'était bien ça. Santo cielo, elle n'était pas seule. Il y avait un connard qui frappait dans ses mains et sifflotait comme s'il était chez lui. Ce qui était probablement le cas, du coup. Grimpant quatre à quatre les marches du second étage, elle s'embusqua sur le palier pour voir qui montait. Un bon coup de manche de couteau derrière la tête et elle n'aurait plus qu'à détaler en laissant derrière elle une bosse et le vide à quelques endroits.
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Re: Le Casse de la Semaine (PV Ada)

Message  Guido le Borgne le Lun 29 Jan - 17:00

Le Borgne n'en revenait toujours pas de sa chance. Ni de la connerie massive du propriétaire des lieux qui avaient chanté haut et fort sur les Zattere qu'il mettait les voiles pour Naples bien assez longtemps pour qu'à son retour, sa jolie petite maison bourgeoise soit vidée de tout ce qui pouvait se revendre et être emporté sans trop attirer l'attention du voisinage.
Bien évidemment que s'il commençait à sortir du mobilier par la porte, il ne faudrait pas longtemps pour qu'on se pose quelques questions. 

Naturellement, le génois n'était pas si naïf, et il ne comptait pas forcer la chance. Il lui suffirait d'une nuit pour faire main basse sur tout ce qui pouvait l'intéresser. Il avait un cheval pas loin, et il pouvait bien transporter quatre sacs comme celui qu'il commençait à remplir. 
Une paire de chandelier en argent pour commencer, quelques coupes, et carafons dans le même métal, puis un plateau. La récolte s'annonçait bonne, et chaque objet qu'il jetait dans son sac et qui venait y tinter joyeusement le faisait sourire un peu plus.

Et il commençait à peine. Il n'était que dans le corridor d'entrée. La maison était grande, et il n'avait pas encore mis le nez dans les étages. Mais il y viendrait. Les bourgeoises adoraient toujours avoir un petit coffret à bijoux bien garni mal caché sous du linge dans une de leurs armoires. 
Le meilleur dans l'histoire était bien qu'il n'y avait même pas un chien pour monter la garde, et la Milice semblait être aux fraises. La ville devait être bien trop calme en temps ordinaire pour que la vigilance y soit si relâchée. Mais il n'allait certainement pas s'en plaindre.

Après avoir remonté le hall d'entrée, il se retrouva confronté à un dilemme : tout droit, ou à gauche, ou à droite ? Les pièces s'enchaînaient en enfilade, et le Borgne jeta un instant son sac sur son épaule pour jeter un œil et voir ce qui lui semblait le plus intéressant à explorer. A droite, un salon, à gauche, une salle à manger. Les jolis petits bibelots, ou l'argenterie ? Comme il avait déjà ramassé un peu ce précieux métal, il entra dans la salle à manger et contourna l'imposante table pour s'approcher d'un grand vaisselier.  Comble de la chose, les clés étaient toutes sur les portes.

Il se mit donc à les ouvrir, et ramassa toute l'argenterie qui s'y trouvait en la faisant tinter dans son sac alors qu'il l'y déversait. Rien qu'au poids de l'argent, il ferait un bien beau butin, il en était certain.
Entre deux tiroirs à vider, il découvrit un flacon en cristal plein de vin, et il déposa son sac sur le joli carrelage de la pièce pour empoigner la grande flasque, et en ôter le bouchon de sa main gantée. Il le posa sur le meuble, et but une belle et grande lampée de vin rouge. C'est qu'il était bon en plus. Il esquissa alors un sourire. Pourquoi se presser ? Le gros marchand n'allait pas revenir à l'aube.

En tenant son flacon, le génois se dirigea vers le salon voisin, et vit le plus beau fauteuil. C'est là qu'il décida d'aller s'échouer et il s'y laissa tomber en soupirant avant de croiser ses jambes et de boire une autre lampée du breuvage à même le goulot.
Il se dit alors qu'il aurait peut-être du faire bourgeois au lieu de malfrat, mais il savait bien au fond de lui-même qu'il se serait prodigieusement emmerdé à mener une telle vie. Une soirée comme celle qu'il était en train de vivre était bien plus palpitante qu'une soirée au coin du feu à regarder le chien ronfler et une femme faire sa broderie.

Bien installé, le gredin s'accordait un petit temps de répit. Tant qu'il resterait un peu de ce bon vin, il n'avait aucune raison de se presser plus que de raison.
En plus, il pouvait étudier un peu cette pièce et voir ce qu'il pourrait en emporter. Ce faisant, il vit un gros vase. Probablement en porcelaine et de Chine. Mais il ne pouvait pas le ramener avec lui à Venise. Il ne supporterait pas le voyage. Ramassant une statuette de bronze qu'il trouvait fort moche, il la lança sur le vase qui vola en éclats.

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Re: Le Casse de la Semaine (PV Ada)

Message  Ada Gaspari le Lun 29 Jan - 21:38

Embusquée au deuxième étage comme une araignée sortie de son trou et cherchant l'ennemi, Ada ne bougeait pas un cil et tentait d'identifier les bruits qui lui parvenaient. C'était un peu haut pour tout piger, évidemment, mais l'essentiel y était. Le tintement de l'argent qui s'entrechoquait lui mit la puce à l'oreille. Et puis elle avait mal au bras à force de se préparer à cogner un bon coup sur une calebasse inconnue de ses services. Bref, elle garda sa lame à la main mais se décida à bouger ses miches vers l'escalier. Parvenue en haut des marches et puisque plus un bruit suspect ne montait, elle amorça une descente prudente. Putain d'idée à la con ce cambriolage. Si elle s'en était tenue aux meurtres, elle n'en aurait pas été là. Mais ce n'était pas toujours aussi lucratif et l'appât du gain avait été plus fort que la raison. Imbécile ! Elle avait bien conscience que sa soif inextinguible de richesse causerait sa perte mais rien à faire, elle replongeait à chaque fois avec la naïveté d'une pucelle.

Arrivée au premier étage, elle hésita un moment à regagner son fenestron et à se tirer. Ç'aurait sûrement été la solution la plus raisonnable, la plus sûre. Mais abandonner cette baraque pleine de pognon et ouverte à tous vents, c'était à la limite du sacrilège. Non, c'était même carrément un péché mortel. Le bourgeois avait supplié qu'on le vole, elle ne pouvait pas le laisser comme ça. C'était pas correct. À l'instant même où elle se disait que les étages seraient déjà pas mal à fouiller et qu'elle pouvait le faire sans bruit, un raffut pas possible la pétrifia. Le mec venait de faire tomber une armoire de vaisselle, c'était pas dieu possible autrement ! Mais bizarrement, aucun autre bruit ne suivit. Pas de juron, pas d'affolement, pas de balai ni même de pas. Le type n'avait pas bougé son cul de là où il se trouvait alors qu'il avait jeté une brique dans une vitrine... Donc le type n'habitait pas là. N'importe quel propriétaire légitime aurait bondi pour ramasser les morceaux et s'enquérir de l'étendue des dégâts.

Figée sur la dernière marche, elle prit le temps de réfléchir. Est-ce qu'elle devait être rassurée de ne pas être face à un type qui avait le droit d'être là ou au contraire s'en méfier encore plus. le problème des malfrats c'est qu'y en avait un paquet sans la moindre éthique, comme elle. Du coup, c'était plus difficile de trouver un terrain d'entente avec eux. Alors qu'un type avec un minimum de morale, elle pouvait le blouser bien comme il fallait, la lui mettre profond et qu'il lui dise merci par dessus le marché. Bon. Restait à savoir comment aborder les choses. Enfin, l'importun. Elle pouvait fouiller dans une piaule, dégoter une robe pas trop dégueulasse et se faire passer pour la fille de la maison poussant des cris d'orfraies. Mais elle avait une chance sur deux de lui donner des envies plutôt que de le faire fuir et franchement, enfiler des dentelles là, ça la faisait pas trop rêver. Du coup, en restant avec sa tenue confortable et pratique pour coller un taquet dans la tronche de l'indiscret, elle pouvait trouver mieux qu'un appel au viol.

Sans bruit toujours et l'oreille tendue, elle entama la descente de la dernière volé de marches tout en surveillant à mesure que se dévoilait le rez-de-chaussée. En bas, il y avait des pièces partout autour ou presque. Bordel. Elle allait se faire repérer avant d'avoir surpris l'autre. De coups d'oeil brefs en avancées subtiles, elle arriva en bas et dénicha l'ostrogoth vautré dans un fauteuil du salon, une carafe de pinard dans sa paluche d'inadapté. Putain. Donc à tous les coups c'était ça : un concurrent qui avait eu vent de l'aubaine. Elle aurait du le savoir vu comme l'autre bouseux étalait son désir de faire une donation aux poches des démunis dans son genre. Cela dit, ça lui donnait une opportunité de se débarrasser de l'intrus sans trop se fatiguer. tout dépendait de son degré de crédulité et de sa capacité à pisser dans son froc à l'idée de finir au bout d'une corde. Rengainant son couteau, elle sortit une dague plus longue, bien effilée et rajusta son pourpoint comme si elle était bien classieuse.

- On va lever bien gentiment son cul du siège et sortir par la grande porte sans faire d'histoire, menaça-t-elle après s'être plantée dans l'embrasure de la porte, arme à la main et la mine menaçante. Mon mari est parti chercher la milice, t'auras pas le temps de te retourner si tu files pas dare-dare, pigé ?

Les dés étaient jetés. Soit le type était un gros con aviné qui se chierait dessus et prendrait ses jambes à son cou sans demander son reste. Elle aurait plus qu'à respirer par la bouche et ramasser son butin. Soit le type était plus malin et comprenait qu'elle essayait de le rouler dans la sciure. Ils arriveraient peut-être à s'entendre dans ce cas. Soit non seulement il pigeait qu'elle essayait de le niquer mais en plus il fonçait dans le tas et là,
elle aurait plus qu'à galoper assez vite et sauter assez haut pour éviter ses pognes graisseuses.
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Re: Le Casse de la Semaine (PV Ada)

Message  Guido le Borgne le Sam 3 Fév - 15:15

Le Borgne était toujours dans son fauteuil, jambes croisées et pieds sur une table basse, regardant le cuir de ses bottes qui lui paraissait alors joliment brillant. 
Il avait une belle flasque de vin à siroter, et comme le breuvage était loin d'être mauvais, il avait décidé de se donner le temps de le siroter jusqu'à la dernière goutte. Après tout, rien ne pressait... Son butin n'allait pas s'envoler avant qu'il ne décide de reprendre son sac et de disparaître dans la nuit.

Tout en descendant consciencieusement son flacon de vin, il avait pris le temps de repérer quelques objets suffisamment dignes d'intérêts à ses yeux pour qu'il se décide à les emporter. 
Quelques statuettes, probablement des bronzes. Il y avait aussi quantité d'objets et bibelots qui pouvaient facilement être glissé dans son grand sac, ramenés à Venise, et revendus au marché noir à un prix tout à fait malhonnête. Il s'en frottait déjà les mains.

Après un coup pareil, il ne prendrait peut-être pas sa retraite, mais il mettrait de l'argent de côté pour ses vieux jours, ou au moins plus tard.
Quand on avait comme lui embrassé une carrière criminelle, il n'y avait que deux portes de sortie possible. La première se situait au bout d'une corde sur une potence. La seconde était de se retirer à temps sans laisser trop de traces et de profiter du butin qu'on avait amassé.

Cet imbécile de marchand allait lui permettre d'envisager très sérieusement la deuxième option. Il ne se voyait toujours pas acheter un lopin de terre et se faire cultivateur, à suer comme un âne derrière ses bœufs pour gagner à peine de quoi vivre. Cela, il l'avait déjà fait à Gênes, et plutôt mourir que retourner à cette vie.
En revanche, il n'était pas impossible qu'il finisse par s'acheter une taverne du côté de Turin. C'était un des rares endroits où il n'était pas connu, et où il ne risquait pas de croiser d'anciens collègues en demande de service. Une très bonne raison donc d'y aller et de s'y faire oublier.

Mais tous ses plans et projets risquaient fort de s'arrêter tout net. Lorsqu'une voix féminine se fit entendre dans l'encadrement de la porte, son instinct de survie reprit instantanément le dessus. 
Avec la rapidité d'un serpent qui se détendait pour frapper, le Borgne se tourna et balança la flasque en cristal droit sur l'issue de la pièce par où il était entré; et il sauta littéralement par dessus son fauteuil pour retomber sur ses deux pieds en ayant tiré son poignard de la main gauche.

De la main droite, il commença à tirer lentement son épée lentement, dévoilant son éclat meurtrier. Le génois avait vu le marchand s'embarquer sur les Zattere du sestiere de Dorsoduro. Et avec lui, sa femme, et ses serviteurs. Toute la journée, il était passé et repassé devant cette maison qui était déserte et fermée à double tour jusqu'à ce qu'il n'en fracture la porte. 
Il y avait donc quelque chose de pas bien logique dans ce qu'il venait d'entendre, et d'une voix grondante, il lança : 

"-Alors, il va falloir que je te fasse la peau avant qu'il ne revienne. Approche donc."

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Re: Le Casse de la Semaine (PV Ada)

Message  Ada Gaspari le Sam 3 Fév - 17:13

Pute borgne ! Le mec était rapide comme un foutu serpent. Ada se baissa de justesse et le flacon de cristal éclata juste à côté d'elle sur l'embrasure de la porte. Si c'était pas du gâchis ! Rien qu'à l'odeur et à la couleur, elle savait déjà qu'il avait ruiné un très bon cru dont elle aurait adoré se goberger. Malotru inconséquent ! Enfin, gros con, quoi. Mais un gros con bien armé, dut-elle reconnaître en voyant l'éclat de la lame qu'il tirait de son fourreau. Qu'à cela ne tienne, pour la planter avec ça, il devrait approcher. Et d'ici là, elle l'aurait plombé avec ses propres lames, pas de doute. Il était rapide et agile, c'était clair, un adversaire à ne surtout pas sous-estimer. Mais elle l'était plus encore. Elle lui démontrerait qu'il ne suffisait pas d'être un homme avec une grosse épée pour remporter un corps-à-corps. Et quand elle en aurait fini avec lui, elle l'abandonnerait à son sort, saucissonné à la merci de la Milice, pendant qu'elle regagnait Venise avec un butin conséquent. Ça c'était du beau projet.

Rengainant sa dague rapidement, vu qu'elle n'avait aucune intention de le laisser approcher et que même s'il y parvenait, elle pourrait la sortir au moins aussi vite que lui, elle fit un pas de côté tout en libérant quelques lanières sur ses vêtements. Elle avait assez de lames à lancer à portée de doigts pour faire de lui un hérisson avant qu'il ait traversé la moitié de la pièce. En quelques pas souples, elle était entrée dans la pièce et en avait entamé le tour, gardant prudemment le mobilier entre elle et le monte-en-l'air importun. Prenant autant de temps que lui pour sortir son épée, elle fit lentement glisser un couteau dans chacune de ses mains. Elle ne quittait pas l'intrus des yeux. Il avait l'air de savoir manier son épée, certes, mais il était borgne. Donc sa vision n'était pas aussi bonne que la sienne. En revanche, il avait dix doigts. même si elle avait largement appris à compenser l'équilibre avec huit au fil des années, il ne fallait jamais négliger ce détail.

- Tu vas regretter de pas être sagement resté dans ton pieu plein de puces ce matin, prédit-elle, la voix aussi grondante que la sienne.

Pas intimidée pour deux lires, ni par son air menaçant, ni par sa carrure, elle avait déjà pris note des meubles qui pouvaient lui être utiles et de ceux qui risquaient de la gêner. Ici une banquette qui serait un excellent marchepied pour bondir, là une petite table qu'elle pourrait lui balancer à la tête en cas de besoin. Quant aux issues, elle les lui laissait bien volontiers. Son but n'était absolument pas de se tirer la queue entre les jambes, encore moins de revenir les mains vides. Au contraire. Tiens d'ailleurs, maintenant qu'elle le détaillait tranquillement, il était pas dégueu à regarder. Au moins, ce serait agréable de mater son cul pendant qu'il se taillait vers d'autres horizons.

- Je te laisse encore une chance : arrache-toi tout de suite et je te poursuivrai pas.

Bah quoi ? Qui ne tente rien n'a rien. Bon, évidemment avec sa carrure de poupée les types la prenaient rarement au sérieux quand elle menaçait de les éparpiller. Mais la plupart d'entre eux s'en étaient mordu les doigts plus rapidement qu'ils ne l'auraient cru, et elle n'avait même pas transpiré. Pour lui montrer qu'elle déconnait pas du tout et qu'il aurait du mal à venir suffisamment près pour se servir de son épée, si grande soit-elle, elle balança une première lame qui se planta profondément dans le dossier du fauteuil derrière lequel il se tenait, à hauteur de ses bijoux de famille. Aussitôt, un autre couteau vint le remplacer entre ses doigts.
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Re: Le Casse de la Semaine (PV Ada)

Message  Guido le Borgne le Jeu 5 Avr - 1:43

Ouais, comme il s'y était attendu, le borgne vit la femme entrer dans le salon où il se trouvait, loin du comportement qu'aurait eu une servante apeurée en trouvant un bon cambrioleur assis dans son salon en train de siroter tranquillement la cave du maître de maison.
Une donzelle sans rien à se reprocher ce serait enfuit en hurlant pour rameuter tout le voisinage, surtout en voyant voler une dague dans sa direction.

Il l'avait regardé entrer en tirant un poignard, et il l'avait laissé avancer. Ses menaces le firent sourire. Elle avait la langue bien pendue, et ne manquait pas de cran, mais il n'était pas dit que ce serait suffisant.
Il fallait plus qu'une grande gueule pour venir à bout du génois, et ce dernier n'avait jamais eu aucun état d'âme. Homme, femme, vieillard ou enfant, il ne faisait pas de distinction s'il fallait faire place nette. Là, elle avait décidé d'en découdre.

Il n'allait donc pas la décevoir. Il avait tiré son épée, et l'attendait. Mais le poignard qu'elle avait vola à côté de lui. Il l'entendit se planter un peu derrière lui, sûrement dans un meuble. Mais il n'allait pas se retourner pour regarder dans quoi la lame avait bien pu se planter.
Il préférait la garder dans son champ de vision. Un instant d'inattention, et il connaissait la suite. On se retrouvait planté dans le dos. Chose qu'il préférait tout naturellement éviter.

Mais déjà, elle tirait un deuxième poignard, en continuant à vouloir se montrer menaçante. Puisqu'elle semblait douée au lancer, il se pencha et tira la petite table basse, en la tenant par l'un de ses pieds, pour masquer tout le haut de son corps derrière son bois.
Avec lui, mieux valait ne donner aucun avertissement et frapper. Lui-même n'était pas trop du genre à parler pour ne rien dire. En faisant un large et lent moulinet menaçant, il lui lança : 

"-Tu parles beaucoup trop ! Si tu veux te faire découper en rondelles, approche ! Ou mets-toi à courir très vite! Car si je te coince, tu vas comprendre ta douleur !"

Cette salle était assez exiguë pour se battre, mais il avait déjà combattu dans les égouts de Gènes pour échapper à des gardes lancés à ses trousses. S'il n'était pas un virtuose de l'escrime, il savait néanmoins bien se servir de sa lame, et il avait un atout non négligeable. Il ne reculait devant rien. Bottant d'un grand coup de pied dans un fauteuil qu'il lui envoya à travers en abattant son épée pour tenter de l'entailler sur le haut du corps, sans toutefois découvrir son corps. Il n'avait pas oublié son poignard.

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Re: Le Casse de la Semaine (PV Ada)

Message  Ada Gaspari le Sam 7 Avr - 9:24

Qu'on l'accuse elle de trop parler, c'était carrément la cerise sur le pompon et ça lui fit penser aussitôt qu'elle s'était pas plantée au sujet de l'énergumène. Non seulement il était e son milieu, mais en plus il avait le même genre d'état d'esprit : on cogne d'abord, on fait les poches ensuite et on disparaît en silence. Cela dit, c'était clair qu'elle avait déjà donné assez d'avertissements. Et vu la tournure de cette rencontre romantique, il restait plus qu'à voir qui avait la plus grosse et s'en sortirait sans trop de dégâts. En tout cas, il avait bien saisi la menace puisqu'il se faisait un bouclier avec une table basse en marqueterie qui aurait été chiante à transporter de toute façon bien qu'on puisse en tirer un prix correct sur certains marchés.

Un fauteuil glissa brusquement en valdinguant dans sa direction et l'éclat de la lame de l'autre tanche lui attira l'oeil juste à temps. Bondissant d'un côté pour éviter le meuble, elle n'eut le temps de prendre qu'un appui avant de reculer d'un autre bond pour éviter l'épée qui frôla dangereusement son pourpoint. En retrouvant le sol, elle se ramassa sur elle-même et, accroupie, lança avec force un couteau qui se planta profondément dans le plateau de la table basse qui faisait office de garde-corps. Deuxième coup de semonce. Elle allait pas le rater ce gros cul-terreux qui se croyait autorisé à marcher sur ses canaux.

Et comme il avait l'air de tenir bien fort à la trancher par une extrémité avec sa grande épée, pas question de lui en donner l'occasion. Toujours au sol, elle roula sur un côté et se saisit du pied d'une lourde chaise en bois sculpté pour la faire basculer sur l'importun. Le temps de se relever et de bondir en arrière encore, elle avait ressorti sa dague longue de son fourreau pour pouvoir parer un peu plus efficacement ses coups d'épée. Elle sauta sur une banquette pour prendre un peu de hauteur et le menaça de son perchoir.

- Allez ma grande, montre un peu ce que t'as dans le ventre !

Littéralement, bien sûr. Parce que c'était vachement joli de regarder des viscères se déverser au sol pendant que leur propriétaire légitime essayait de les retenir vainement. Celui-là, il avait l'air de vouloir garder ses organes dans son corps, lui aussi. Et de s'en prendre à elle. Quelle vilaine idée ! À la prochaine attaque, elle lui sautait à la gorge pour lui refaire le portrait. Huit doigts ou pas, il sentirait son poing lui faire sauter les dents et lui péter le nez.

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